un souhait,
Il faut espérer dans la vie que demain soit meilleur, alors on a inventé des mots pour que notre esprit sorte de ce quotidien morose sans bien sur agir sur la cause mais juste sur les effets.
Quand
on est seul on recherche un être puissant du moins le suppose-t-on pour vous
aider à réaliser ce que l’on n’est pas en mesure de faire soit même ; on
fait une prière. Soit à dieu sans préciser lequel, soit à un dieu des moissons
ou du vent ou s’il existait celui-là à un dieu des causes perdues. Soit à un
saint qui est plus spécialisé pour telle ou telle activité de la vie ; celui-là
doit savoir comment faire pour vous aider, c’est un spécialiste et il va à coup
sûr me sortir de cette ornière. Nos pensées le supplient mais la vie continue
comme avant.
Quand on est plusieurs et tous réunis comme pour une fête de fin d’année on
fait des vœux et on veille surtout à transmettre cette coutume à nos enfants
pour qu’ils puissent à leurs tours la maintenir car c’est la tradition. On se
souhaite une bonne année et surtout on y croit en mettant toute sa conviction
sans quoi un vœu ne serait pas sincère et ça ne se fait pas. Et la vie continue
comme avant.
Quand on est deux et que l’un s’en va on lui dit « Au revoir » et on
lui souhaite une bonne journée. Quand on quitte une conversation téléphonique
on fait de même comme si ce souhait mettait de l’huile dans les rouages des
relations sociales. Sa journée sera comme toutes les autres. Et sa vie continue
comme avant.
Après toutes ces prières, tous ces vœux, tous ces souhaits on se sent plus heureux
comme si la vie devenait d’un coup de baguette magique plus belle comme dans un
rêve.
On peut y croire comme à tout ce qui est superficiel, irréel, comme si on
arrivait à attraper l’horizon pour le dominer et changer le mal en bien.
Mais rien du réel ne vient perturber ces espérances dont on a besoin pour
agrémenter notre vie.
Le réel est ainsi repoussé au moins le temps de formuler ces prières, ces vœux,
ces souhaits.
La vie serait-elle donc si dure pour qu’il faille avoir des échappatoires que
l’on laisse à ce point devenir le cœur de notre vie ?
Père Denis

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